Cooklang, le Git de mes recettes de cuisine : comment j’organise tout enfin sans rien perdre

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Vous en avez assez de perdre vos recettes dans une appli qui change, disparaît ou vous enferme ? Alors voici une idée simple, presque évidente, mais très maligne : Cooklang. C’est un format de texte brut pour ranger vos recettes, les garder longtemps, les modifier facilement et même les versionner comme du code.

Le résultat est surprenant. Vos recettes restent lisibles à l’œil nu, mais une machine peut aussi les comprendre. Et ça change tout pour organiser une cuisine sans stress, sans compte à créer, sans abonnement, sans écran rempli de pub.

Cooklang, c’est quoi exactement

Cooklang est un langage de markup pour recettes de cuisine. Dit simplement, vous écrivez votre recette dans un fichier texte avec une petite syntaxe très facile à lire.

Par exemple, un ingrédient peut s’écrire @farine{200 g}, un ustensile #fouet{}, et un temps de cuisson ~{25 minutes}. Ce n’est pas du charabia technique. C’est juste une manière claire de marquer ce qui compte.

Le plus sympa, c’est que votre recette reste compréhensible même sans outil spécial. Vous pouvez la relire dans n’importe quel éditeur de texte. C’est simple, solide, et surtout durable.

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Pourquoi ce format plaît autant

Le premier avantage, c’est la liberté. Vous ne dépendez pas d’une appli qui peut fermer, changer ses règles ou vous demander un abonnement pour voir vos propres recettes.

Le deuxième avantage, c’est la tranquillité. Vos fichiers vivent chez vous. Vous pouvez les stocker sur votre ordinateur, une clé USB, un dossier synchronisé ou un dépôt Git.

Le troisième avantage, c’est la clarté. Une recette Cooklang ne cache pas l’information derrière 14 écrans. Vous voyez vite les ingrédients, le matériel et les étapes. Pour cuisiner un soir de semaine, c’est précieux.

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Comment une recette Cooklang se présente

Imaginez une recette de gâteau au yaourt. Vous écrivez votre texte normalement, puis vous ajoutez les marqueurs utiles.

  • @yaourt{1 pot}
  • @sucre{2 pots}
  • @farine{3 pots}
  • @huile{1/2 pot}
  • @oeufs{3}
  • #saladier{}
  • ~{35 minutes}

Tout reste facile à lire. Et pourtant, la machine sait extraire les ingrédients et le temps. C’est ce mélange entre humain et machine qui rend Cooklang si pratique.

Git et recettes : le duo qui change tout

C’est là que l’idée devient vraiment brillante. Avec Git, vous pouvez garder l’historique de vos recettes. Chaque modification reste tracée.

Vous avez ajouté un peu plus d’ail dans votre marinade ? Vous avez réduit le sucre dans votre crumble ? Tout cela peut être noté. Vous voyez quand le changement a eu lieu, et vous pouvez revenir en arrière si besoin.

Pour les recettes de famille, c’est presque émouvant. On ne perd plus une version meilleure qu’une autre. On garde la mémoire du plat, pas seulement la dernière copie.

Un écosystème plus riche qu’on ne l’imagine

Cooklang n’est pas juste une idée jolie sur le papier. L’outil existe vraiment, avec un écosystème complet et gratuit.

Il y a un CLI en Rust avec serveur web intégré. Il existe aussi des applications iOS et Android, des plugins pour VS Code, Vim et Emacs, ainsi qu’un plugin Obsidian pour celles et ceux qui aiment garder leurs notes au même endroit.

Et ce n’est pas tout. Il existe même un mode pour Raspberry Pi, pratique si vous voulez partager vos recettes sur le réseau WiFi local à la maison. Votre livre de cuisine devient alors accessible sur téléphone, tablette ou ordinateur, sans passer par un service externe.

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La mise à l’échelle des quantités, enfin utile

Vous connaissez sûrement ce moment agaçant. Une recette est parfaite pour 4 personnes, puis vous devez la doubler ou la diviser. Et là, tout devient flou.

Cooklang aide à gérer cela plus intelligemment. Si vous augmentez les quantités, les ingrédients suivent. Mais certains éléments ne doivent pas forcément être multipliés à l’aveugle. Le sel, par exemple, ne mérite pas toujours une simple multiplication mécanique.

C’est une bonne chose. En cuisine, tout n’est pas mathématique. Les goûts, eux, demandent un peu de jugeote.

Les limites à connaître avant de vous lancer

Cooklang est malin, mais il ne fait pas tout à votre place. Les temps de cuisson, par exemple, ne s’ajustent pas toujours parfaitement quand vous changez les quantités.

Et il n’y a pas de collaboration en temps réel comme dans Google Docs. Chacun garde son fichier. Pour beaucoup de personnes, c’est au contraire un avantage. Pour d’autres, il faudra s’organiser autrement.

Autre point utile : si une recette dépend d’une autre, vous pouvez faire un lien vers un fichier existant. C’est propre, pratique, et bien plus net qu’un copier-coller partout.

Importer une recette trouvée en ligne

Si vous tombez sur une recette sur le web et que vous voulez la conserver, il existe une astuce très pratique. Il suffit souvent d’ajouter cook.md/ devant l’adresse de la page.

L’outil convertit alors la recette au format Cooklang. Vous évitez de tout retaper à la main. Et franchement, c’est le genre de détail qui donne envie de s’y mettre tout de suite.

Pour qui Cooklang est vraiment intéressant

Cooklang plaît beaucoup si vous aimez garder vos choses en ordre. Il peut convenir aux personnes qui cuisinent souvent, aux familles qui veulent conserver leurs recettes, ou à celles et ceux qui aiment les outils simples et durables.

Il est aussi parfait si vous détestez les applis trop fermées. Ici, vous gardez la main. Vos recettes ne sont pas prisonnières d’un service.

Et si vous aimez déjà Git, les fichiers texte ou les outils open source, vous allez probablement vous sentir chez vous très vite.

Comment commencer sans vous compliquer la vie

Le plus simple est de créer un premier fichier .cook. Donnez-lui le nom d’un plat que vous cuisinez souvent. Par exemple boeufbourguignon.cook ou tartepomme.cook.

Écrivez votre recette comme d’habitude. Ajoutez seulement quelques marqueurs pour les ingrédients, les ustensiles et le temps. Inutile de tout faire parfaitement dès le début.

Puis rangez ce fichier dans un dossier de recettes, et si vous le souhaitez, initialisez un dépôt Git. Vous aurez alors une base propre, légère, et surtout pérenne.

Le vrai charme de Cooklang

Au fond, Cooklang plaît parce qu’il remet les recettes à leur place. Une recette, c’est d’abord un savoir utile. Pas un piège à compte utilisateur.

Vous écrivez, vous gardez, vous modifiez, vous partagez chez vous. Rien ne disparaît si une entreprise change d’avis. Et ça, en 2026 comme avant, c’est presque rassurant.

Si vous aimez cuisiner et que vous voulez enfin un système simple pour tout garder sans rien perdre, Cooklang mérite vraiment un essai. Une petite recette d’abord. Puis une deuxième. Et très vite, vous aurez votre propre bibliothèque, propre, lisible et vivante.

Maxime Robin
Maxime Robin

Je vis a Lyon et j'ai passe 9 ans entre cuisine pro et critique de tables de quartier. Ancien second au Bistrot Paul Bert, je travaille surtout sur les produits de saison, les cartes courtes et les adresses qui tiennent la route.

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